Appel aux experts: quand la splash page se prend pour une home page…

J’en appelle à vos lumières : faut-il oui ou non fournir du contenu sur une splash page ? Quel statut accordez-vous à la splash page : pré-page d’entrée, page d’intro ? La splash page est-elle vraiment déterminante pour le référencement ?

Contexte

Un client me demandait dernièrement de vérifier le contenu de sa splash page (sic). Ma première réaction a été de lui répondre qu’une splash page n’avait, en fait, pas de contenu sinon une phrase (slogan, baseline de l’entreprise/organisation) et le choix linguistique.

J’ajoutai qu’il n’était pas nécessaire de fournir de l’information pertinente en trois langues à des utilisateurs qui étaient invités, précisément, à choisir la langue dans laquelle consulter le site.

Le client, peu convaincu par mon argument, de me renvoyer vers un article sur l’optimisation de la splash page… En substance, que dit cet article ?

Phase 1: Optimisation pour les visiteurs

“De nombreux sites web ont encore besoin d’une “page d’introduction“, le plus souvent sous la forme d’un choix linguistique. Ce type de page ne présente en général que peu de contenu, et risque fort de pénaliser votre site dans son positionnement. C’est également un type de page fort peu plaisant pour le visiteur, qui risque fort de ne pas être converti aussi idéalement que si on lui avait fourni directement du contenu.

La plupart du temps, le choix proposé au visiteur est un choix linguistique. Bien souvent, on lui demande de choisir entre deux langues, rarement plus. Or l’information de langue “préférentielle” de votre visiteur est bien souvent à portée de main: la langue du navigateur.

Ayant connaissance de cette valeur “langue”, on peut effectuer une redirection vers la page d’accueil “dans la langue présumée du visiteur”. En cas d’erreur, vous laissez néanmoins le choix au visiteur de changer de langue, en présentant sur toutes les pages du site des liens vers le contenu dans les autres langues que celle qui est active.”

Option pertinente ?

Je m’arrête ici pour poser ma première question. Faire le choix de la langue du navigateur ne me semble pas pertinent. En effet, mes navigateurs sont en anglais (j’en ai également un en néerlandais) alors que ma langue maternelle est le français.

Si j’ai bien compris, cela signifie que, par défaut, les sites qui optent pour cette stratégie, apparaîtront en anglais ou en néerlandais. Et quid si le site n’est pas disponible en néerlandais ? Cela veut dire que par défaut, j’aurai une autre langue et devrai donc peut-être retourner à la page de choix linguistique ?

Par ailleurs, quelle info le cookie de choix linguistique va-t-il retenir ? La langue du navigateur, ou mon éventuelle correction ?

Phase 2: Optimisation pour les moteurs de recherche

“Les moteurs de recherche n’ayant pas de “langue par défaut” identifiable, il faut leur fournir du contenu, et des liens, dans les différentes langues disponibles.

L’erreur classique consiste à fournir un contenu “faible”, du style “Pour voir le site en français, cliquez ici“. Il est préférable de réaliser une page “pleine”, dont le contenu est pertinent, ciblé, optimisé, et dont les liens sont nombreux, frais et profonds.

La présentation n’a pas grande importance (sic), tant que cela reste lisible par vos visiteurs, et confortable à l’oeil.
Je préconiserais l’affichage de paragraphes de texte, l’un à la suite de l’autre, langue après langue (sic).

Ces paragraphes doivent être lourds de contenu et de mots-clés ciblés, et doivent présenter des liens directs vers votre contenu. La page d’accueil de wikipedia est également une forme de “splash page”, on peut s’en inspirer.
Un lien vers les “rubriques majeures” du site, un lien vers les sujets les plus récents (ou pourquoi pas votre flux RSS?), etc… sont des liens très importants à y présenter.”

Adieu la convivialité, vive le référencement ?

Voilà des conseils qui me semblent aller totalement à l’encontre de l’utilisabilité et de la convivialité du site. En d’autres mots, ce procédé est très peu centré sur l’utilisateur.

Cela signifie donc, par exemple, que si le site est publié en six langues, j’aurai, sur la splash page, “des paragraphes [ ... ] lourds de contenu et de mots-clés ciblés, [ avec ] des liens directs vers votre contenu” en six langues ???

Tout se passe comme si, soit-disant au profit du référencement (et il semble que c’est miser beaucoup -trop? – sur une page qui m’avait toujours paru être purement fonctionnelle*), on obligeait le nouveau visiteur à se farcir un contenu dont il n’a que faire à moitié, à un tiers voire à un sixième (selon le nombre de langues et donc la déclinaison du contenu), et que de toute façon il retrouvera, vraisemblablement sur la page d’accueil. A moins que ?

De conclure

“Cette présentation est utile aussi bien au visiteur qu’au moteur de recherche, et ne représente en rien une technique déloyale: c’est de l’optimisation logique et efficace, et ça vaut bien plus que deux drapeau en .gif sur une page vide.”

Ainsi conclut l’auteur de ce billet sur l’optimisation de la splah page. En une phrase il affirme tout ce que je déplore dans ses conseils. J’en appelle donc à vos expertises conjointes et reconnues. Le débat est ouvert !

* En anglais, “courtesy navigation” désigne la “navigation fonctionnelle”. Un terme parfaitement adapté à l’utilité du choix linguisitique: un élément de courtoisie, qui permet à l’utilisateur (dont on veut prendre soin) de choisir la langue de son contenu.


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